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Portraits

Lilyan Baltaze, initiateur d’une marque de vêtement écoresponsable et locale à Montréal

À 24 ans, Lilyan Baltaze importe, au Québec, le concept ANTHROPOCENE, une marque qui propose des vêtements éthiques et locaux créent à partir de fibres recyclées.

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Lilyan Baltaze, initiateur d'une marque de vêtement écoresponsable et locale à Montréal

[Français à l’étranger] Comment êtes-vous arrivé, ici, à Montréal ?

Lilyan Baltaze : Lors de mes études en France, où je me suis formée  à l’informatique et au marketing digital, j’ai intégré une école de commerce à Grenoble, dans laquelle je me suis orienté vers l’entrepreneuriat. Cette dernière m’a permis de réaliser une année de césure, durant laquelle nous devions effectuer des stages. C’était l’opportunité pour moi de partir travailler à l’étranger. J’ai effectué ma première partie à l’île Maurice avant de venir au Canada, dans une startup de l’événementiel qui travaillait sur le même projet que je voulais monter à Paris. Malgré l’hiver et l’arrivée de la Covid à Montréal, je m’y suis plu et ai décidé d’y rester effectuer un semestre d’échange international à McGill. À la fin de mes études, je me suis simplement demandé « Pourquoi ne pas rester ? ». Je travaille depuis pour une société spécialisée dans les effets visuels, ce qui me permet aussi de financer mes activités pour ANTHROPOCENE.

Comment avez-vous rejoint le projet de la marque  ANTHROPOCENE ?

L.B : Avec la crise sanitaire et les restrictions qui l’accompagnait, je cherchais à travailler sur un projet qui ai du sens, alors que le monde en avait perdu le sien. Lorsqu’un ami m’a contacté pour prendre de mes nouvelles, j’ai cherché à l’aider sur son projet entrepreneurial. D’abord de manière désintéressée, j’ai pris goût au projet au point de lui demander, 1 mois après, si je pouvais  rejoindre le projet ANTHROPOCENE.

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?

L.B : J’avais toujours eu envie de lancer ma marque de streetwear recyclé. Travailler avec un ami en qui j’ai confiance – ce qui est primordial lorsque l’on entreprend – sur un projet éthiquement intéressant, en accord avec mes valeurs, me stimulait. C’est un projet qui a du sens en plus de donner du sens. Je crois que j’en avais besoin dans ma vie à cette période, je ne savais pas où est ce que j’allais finir mes études, quand la pandémie allait se finir… J’avais besoin d’un objectif. Et puis l’envie de découvrir quelque chose de nouveau : pour moi, il y a d’abord eu un travail de formation en logistique, en confection textile etc. car je ne connaissais pas du tout ce domaine.

Vous êtes une marque éco-responsable, qui mise sur le local, comment avez-vous réussi à mettre en œuvre vos valeurs quand vous avez débuté en France ?

L.B : A travers des convictions. Il est plus cher de fabriquer des vêtements en France, alors tout se joue autour des valeurs de l’entreprise et de ses clients. Lorsque nous avons eu besoin d’investir pour cette collection, le financement participatif est apparu comme une étape logique. De novembre 2020 à février 2021, nous avons récolté près de 30 000 euros grâce au soutien de plus de 300 contributeurs. A la suite de cela, mon objectif de 2021 a été de trouver et créer des relations avec nos fournisseurs pour cette collection. L’enjeu a été d’allier qualité, éthique et circuit court, malgré le désintérêt des fournisseurs. . C’est pourquoi l’appui de notre premier partenaire Malterre, un fournisseur de tissus en fibres recyclées dans le Nord de la France, a été très bénéfique.

Et comment vous est venu l’idée de se lancer à Montréal ?

L. B : Notre objectif n’est pas seulement de faire du Made in France, mais du Made in Local  partout dans le monde. Construire localement, en portant les valeurs du pays et d’une économie circulaire, dans une démarche de qualité et de circuit court, où que l’on soit. Nous avons voulu tirer avantage du fait que je sois moi-même implanté au Canada. Grâce au réseau que j’ai tissé à McGill, mais aussi à notre styliste et modéliste sur place, j’ai obtenu de précieux conseils d’implantation, de choix de tissu à utiliser, de style, de tendances à prioriser ici au Canada.

Quelle est la différence avec la France ?

L.B : En France nos vêtements d’après-sport sont recyclés à partir de chutes de tissus de l’industrie textile, et nos vêtements de sports à partir de bouteilles en plastiques repêchées en mer. Nous faisons du recyclage : Reconstruire la fibre textile à partir de déchets de l’industrie textile. Ici, au Canada, nous récupérons des stocks morts et fins de série, à travers des entreprises comme Tissu Liquidation à Montréal-Nord. C’est ce qu’on nomme l’upycling : Nous réemployons des tissus qui ont perdu leur usage pour les transformer en vêtements de qualité supérieure.

Nous avons pour projet de réinvestir nos profits dans des initiatives à impact positif : dans des évènements éthiques et durables, ou dans notre association Banlieue Verte qui vise à sensibiliser à l’entrepreneuriat social en banlieue parisienne. Mais ici, les problématiques sont différentes, il y a un plus gros problème de sans-abris, ou de discrimination envers les personnes autochtones etc. Donc on doit s’adapter à cette nouvelle dynamique.

En quoi est ce différent de certaines marques de vêtements qui se disent éco-responsables ?

L.B : Beaucoup de marques vont se prétendent éthique car elles utilisent du coton bio, mais elles surconsomment quand même : il faut tout de même même 1200 litres d’eau pour fabriquer un t-shirt en coton bio. Nous combattons aussi la fast fashion, nous avons déjà créé assez de vêtements sur terre. Pour nous, c’est même écrit dans les statuts de l’entreprise : le jour où il n’y aura plus de déchets à partir desquels faire des vêtements sur terre, nous cesserons d’en fabriquer. Nous aspirons à développer une démarche socialement et écologiquement durable en étant respectueux des travailleurs, tout en remettant en question le système économique actuel.

Et quelle est votre prochaine étape ?

L.B : La prochaine étape va être de lancer notre première collection Made in Montréal, d’ici juillet-août. Nous sommes actuellement en phase de pré-production et à la recherche de partenaires éthiques et transparents. N’importe quel partenaire souhaitant travailler avec nous et qui partage nos valeurs est le bienvenu. ANTHROPOCENE, ce n’est pas que des vêtements, c’est un concept articulé autour d’événements et d’actions sociales, une marque d’engagement écologique et sociale dans une société qui ne l’est pas assez. C’est pourquoi on va essayer de développer notre concept d’Atelier Kintsugi ici ainsi qu’une association permettant d’agir sur les problématiques sociales locales.

Tout au long de ces étapes, nous communiquerons sur notre avancement à Montréal à travers notre blog.

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