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Portrait : Audrey Chambrier, Coordonnatrice des communications chez CANA Montréal

Audrey Chambrier est Coordonnatrice des communications pour CANA à Montréal (Carrefour d’aide aux nouveaux arrivants) qui aide les personnes issues de l’immigration à s’intégrer et s’épanouir au Québec. Elle retrace avec nous son parcours.

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Portrait : Audrey Chambrier, Coordonnatrice des communications chez CANA Montréal

[ Français à l’étranger] Comment êtes-vous arrivée à Québec ?

Audrey Chambrier : Je suis arrivée avec mon conjoint en janvier 2021, avec un permis de travail ouvert. Nous avons d’abord posé nos valises à Montréal, mais aujourd’hui je suis à Québec, car mon conjoint fait ses études là-bas.  Cependant, ce n’est pas la première fois que je viens, je suis déjà venu avec un PVT en 2017. Nous avons pu visiter pendant un an tout le Canada, nous sommes partis en van dans l’ouest du Canada tout en travaillant.

Qu’est ce qui vous a plu ici ?

A. C : Les grands espaces, la nature… mais aussi l’ambiance, la bienveillance et la culture québécoise et canadienne. C’est véritablement un tout. J’ai travaillé à Montréal et à Vancouver, cela m’a offert une perspective nouvelle et j’ai pu découvrir une culture différente du travail. Lorsque je suis revenue en France, j’étais travailleuse autonome, mais l’idée de revenir ne m’a pas quittée et grâce aux études de mon conjoint nous avons pu revenir. Nous souhaitons poursuivre nos projets de vie au Québec.

Et à titre personnel, qu’aimez-vous dans la manière de travailler ici ?

A. C : Ce que j’aime beaucoup, c’est le champ libre d’action que l’on a au travail. Nous avons la confiance de l’employeur, la motivation est un élément primordial, et ce, peu importe les erreurs que l’on peut faire. On va nous donner l’opportunité de pouvoir évoluer et de montrer ce dont on est capable, même si notre diplôme ou parcours ne correspond pas forcément au poste, on nous laisse une chance. C’est en partie dû au fait que le Québec est moins axé sur les diplômes, même si cela ne s’applique pas à tous les domaines.  L’autre côté que j’apprécie est la bienveillance au travail, le respect envers autrui, la valorisation du travail… et cela se rapprochait plus de l’environnement que je cherchais pour évoluer, et que je ne trouvais pas en France .

Quel est votre poste actuel ?

A. C : Aujourd’hui, je suis Coordonnatrice des communications. Je travaille pour un organisme communautaire qui se nomme CANA (Carrefour d’Aide aux Nouveaux Arrivants ) dans le domaine de l’immigration. Nous accueillons et aidons les nouveaux arrivants à Montréal, au sein du quartier d’Ahuntsic. Mais, en dehors de Montréal, toute personne qui arrive ou qui réside au Canada peut nous contacter pour bénéficier de nos services car nous les offrons présentiel et en distanciel.

À l’origine, je viens de l’entreprise privée : je travaillais en agence de communication. Mais j’avais envie de complètement changer de domaine, et d’effectuer un travail en accord avec mes valeurs. C’est aussi intéressant en termes de management, ce n’est pas juste le chiffre qui prône, mais le côté humain. Lorsque je suis arrivée à Montréal, ça a été un véritable défi, car je n’avais aucune expérience dans le communautaire, ni dans une entreprise québécoise. De fil en aiguille, j’ai contacté de nombreux organismes et cela fait un an que je travaille au CANA.

En dehors d’un accompagnement dans les démarches, CANA a un réel côté social. Quels services proposez-vous ?

A. C : Nous offrons des cours de francisation en partenariat avec le Ministère de l’Immigration, de la Francisation et l’Intégration (MIFI), et nous organisons des activités régulières pour les nouveaux arrivants comme les « cafés rencontres », les ateliers « Cuisines du monde » en collaboration avec Maison du Monde. Nous offrons aussi des sessions d’informations, des des ateliers de conversation en Français pour ceux qui ont un niveau plus avancé. Nous organisons des évènements, des sorties culturelles que ce soit en hiver ou en été.

À qui s’adressent vos services ?

A. C : Cela s’adresse à toutes personnes, qu’elles soient seules, en famille, qu’il s’agisse d’un étudiant, d’un travailleur ou d’un demandeur d’asile. Par ailleurs, nous collaborons avec le YMCA – centre d’hébergement pour aider ces demandeurs d’asile dans l’aide au logement. Nous faisons aussi de l’intervention scolaire. Les intervenantes communautaires scolaires interculturelles travaillent au sein des écoles pour aider les enfants à s’intégrer, s’adapter à un nouveau système scolaire québécois, à traverser la barrière de la langue et aider les parents. Nous avons des personnes anglophones, francophones et même allophones.

Je ne trouve pas nécessairement que nous ne sommes pas assez accompagnés. Pour ma part, mon expérience en tant qu’immigrée française se passe bien, je me sens intégrée.  Mais je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde, que ce soit à cause de la barrière de la langue, ou d’autre difficultés auxquelles on peut être confronté quand on arrive dans un nouveau pays. Heureusement, il existe de nombreuses ressources grâce aux sites internet, aux groupes d’entraide et communautés. Toute expérience est unique : cela dépend si on est entouré, si on va pouvoir ou vouloir demander de l’aide, et si la barrière de la langue est plus ou moins compliquée à franchir.

Comment permettez-vous aux personnes qui immigrent ici d’accéder à cette information ?

A. C : Nous sommes présents sur le terrain, nous faisons de la communication numérique, nous collaborons avec un réseau de partenaires et d’autres organismes comme le SNAC pour l’alimentaire, Pause-Famille pour les familles. Le but est d’effectuer un travail collaboratif, et de s’entraider en orientant les personnes vers les ressources appropriées. Mais il s‘agit d’un travail quotidien pour pouvoir aller à la rencontre de ces personnes et briser l’isolement que peuvent traverser certaines personnes. Nous pouvons avoir tendance à aller vers notre communauté par facilité ou aisance, mais cela ne permet pas forcément de bien s’intégrer à plus long terme. Nous voulons donc leur faire découvrir la culture québécoise.

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